Hamburger Anzeiger - A Moscou, des célébrations du 9-Mai sans internet ni de grands espoirs de paix

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A Moscou, des célébrations du 9-Mai sans internet ni de grands espoirs de paix
A Moscou, des célébrations du 9-Mai sans internet ni de grands espoirs de paix / Photo: Pavel Bednyakov - POOL/AFP

A Moscou, des célébrations du 9-Mai sans internet ni de grands espoirs de paix

"La paix, c'est pas pour bientôt": dans Moscou livrée aux forces de l'ordre et rares promeneurs, les célébrations du 9-Mai peinent à captiver des Russes sans grande illusion sur le cessez-le-feu avec l'Ukraine et préoccupés par les coupures d'internet.

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La tête engoncée dans la capuche de son jogging, Elena s'agace qu'on lui demande ce qu'elle pense du 81e anniversaire de la "Grande Victoire" sur l'Allemagne nazie en 1945 célébrée sans éclat cette année.

"J'ai besoin d'internet et il n'y en a pas", maugrée l'économiste d'entreprise de 36 ans, qui ne donne que son prénom.

Les autorités russes et les opérateurs avaient prévenu ces derniers jours que l'internet mobile serait aux abonnés absents dans Moscou "afin d'assurer la sécurité lors des célébrations" de samedi. Moscou, qui bombarde quasi-quotidiennement l'Ukraine depuis plus de quatre ans, craignait en effet des attaques de drones lancées par Kiev.

Des coupures intermittentes d'internet mobile dans le centre de Moscou ont cependant été constatées depuis plusieurs semaines.

Donald Trump a annoncé vendredi soir un cessez-le-feu de trois jours entre l'Ukraine et la Russie, que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accepté, ordonnant à ses troupes de ne pas attaquer le défilé sur la place Rouge.

Une courte trêve de 32 heures pour la Pâque orthodoxe avait été décrétée mi-avril mais Moscou et Kiev s'était mutuellement accusés de l'avoir massivement violée.

La trêve actuelle, Elena dit l'attendre "depuis longtemps. Il me semble que tout le monde l'attend".

Pour autant, la jeune Moscovite estime que le point final du conflit "n'est pas pour bientôt, même si on veut tous" la paix.

L'offensive à grande échelle lancée en Ukraine par la Russie en février 2022 a fait des centaines de milliers de morts. C'est le conflit le plus sanglant en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

Lors de son allocution de moins de dix minutes sur la place Rouge, le président russe Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 26 ans, a assuré que la guerre menée par la Russie était une cause "juste".

"Nous devons signer des accords de paix", estime néanmoins Lidia, 82 ans. "Mais d'abord nous devons chasser (les Ukrainiens, ndlr) de notre territoire", dit-elle, reprenant le discours du Kremlin qui revendique des régions entières de l'est de l'Ukraine, dont le Donbass.

-"Un jour comme un autre" -

Cette année encore, les drapeaux russes et ceux arborant le blason de la ville de Moscou sont au rendez-vous sur les façades et les affiches appelant à être "fiers" de la victoire sur le nazisme ornent les vitrines.

La police et la Rosgvardia, la garde nationale russe, sillonnent le Koltso, l'avenue circulaire du centre de Moscou, tandis qu'une famille endimanchée se prend en photo devant une énorme affiche clamant: "nous nous souvenons".

Mais rien à voir avec la pompe déployée l'an dernier pour le 80e anniversaire de la capitulation nazie auquel avaient assisté nombre de dirigeants étrangers, dont les présidents chinois Xi Jinping et brésilien Lula.

Les célébrations sur la place Rouge ont duré samedi 45 petites minutes, discours de Vladimir Poutine compris.

A quelques encablures du Kremlin, Daniil, 26 ans, vapote en se rendant à la salle de sport. Pas le temps de parler. D'ailleurs, pour lui, le 9-Mai est "un jour comme un autre". Et lorsqu'on lui demande si la trêve est un prélude à la paix, Daniil se contente d'un "non".

Oksana est, elle, un peu perdue. L'infirmière venue de l'Oural tente de se repérer dans les rues quasi-désertes de Moscou en scrutant un plan sur l'écran de son smartphone.

"Comme il n'y a pas internet (mobile, ndlr), j'ai fait une photo du plan avant de partir de chez moi", explique la jeune femme.

J.Burmester--HHA