Foot: pendant le Mondial, les affaires continuent
Tout en étant en mission avec leur sélection pendant le Mondial, les joueurs continuent d'être en négociations pour des transferts ou des prolongations en club mais assurent que cela ne les perturbe pas dans leur compétition qui peut être une vitrine.
L'exemple le plus parlant est celui de l'Espagne avec l'annonce officielle du transfert surprise de Marc Cucurella au Real Madrid quelques heures à peine avant le premier match des champions d'Europe lundi dernier contre le Cap-Vert (0-0).
Le défenseur latéral a été assailli de questions sur ce sujet jeudi en conférence de presse au camp de base de la Roja établi dans le Tennessee. Au même moment, Liverpool officialisait la venue du jeune attaquant espagnol Victor Munoz en provenance d'Osasuna.
Selon plusieurs médias, un autre international espagnol, Alex Grimaldo, est également sur le point de quitter le Bayer Leverkusen pour l'Atlético Madrid. "Je ne le cache pas, je pense qu'un retour en Espagne est mon objectif pour le futur", avait-il d'ailleurs indiqué le 12 juin à l'AFP.
Pedro Porro, qui a prolongé son contrat avec Tottenham, s'est d'ailleurs filmé depuis Chattanooga, maillot espagnol sur le dos, pour annoncer la nouvelle.
Cette vague d'annonces, combinée au premier match décevant des champions d'Europe (0-0 contre le Cap-Vert), a suscité des interrogations dans le pays sur une possible déconcentration des joueurs de la Roja, qui se seraient trop focalisés sur leurs carrières en club.
"Je connais bien ces joueurs, et je sais à quel point ils sont dévoués", a balayé leur sélectionneur, Luis de la Fuente. "Nous avons déjà vécu des situations similaires lors du Championnat d'Europe et nous les avons gérées tout naturellement. Personne ne ferait quoi que ce soit qui puisse nuire au groupe."
"Cucu", lui, a assuré que son transfert avait été conclu très rapidement, justement pour lui permettre de se concentrer sur la Coupe du monde.
- Alvarez veut partir, Dembélé négocie -
L'Espagne, qui a depuis rectifié le tir en balayant l'Arabie saoudite (4-0), est loin d'être la seule à voir les manoeuvres du marché des transferts planer au-dessus de son effectif. La liste est longue.
Après avoir célébré la qualification de l'Argentine pour les seizièmes de finale, Julián Álvarez, 26 ans, a confirmé lundi son désir de quitter l'Atlético de Madrid, affirmant que "le mieux pour tout le monde" serait un transfert. L'Atlético, qui le juge intransférable, a rejeté une offre de 150 millions d'euros du Real Madrid. Le Barça s'intéresse aussi au champion du monde argentin.
Chez les Bleus, Bradley Barcola et Ousmane Dembélé, sous contrat jusqu'en 2028 avec le PSG, sont en négociations avec le club parisien pour une éventuelle prolongation. Les discussions avaient été mises en sommeil jusqu'à la finale de la Ligue des champions, où les Parisiens ont décroché leur deuxième étoile en deux ans, précise une source proche des négociations.
Les situations diffèrent entre le Ballon d'or 2025 et l'ancien Lyonnais. Déjà contacté l'été dernier par Liverpool et le Bayern Munich selon son entourage, Barcola pourrait avoir des envies d'ailleurs pour trouver une place de titulaire. Et son but lors du premier match de la France contre le Sénégal (3-1) va donner des idées à certains clubs.
- Vitrine -
"Si le joueur demande à partir et si une bonne proposition arrive sur la table, comme pour tous les joueurs, il peut partir", poursuit cette source. Mais il faut que "ces deux points soient réunis. Sinon il restera".
Comme pour Barcola, la Coupe du monde reste la vitrine idéale pour se mettre en valeur et décrocher un gros transfert. "Cela te donne de la motivation", a reconnu l'Australien Alessandro Circati.
L'effet vitrine fonctionne à plein pour le Marocain Ismael Saibari. Auteur de deux buts en deux matches, il est l'une des révélations du début du tournoi et, selon des médias, le Bayern Munich aurait trouvé un accord avec le PSV Eindhoven.
Son coéquipier Ayyoub Bouaddi, sous contrat avec Lille, est suivi par une multitude de grands clubs, et encore plus depuis sa prestation contre le Brésil.
Elliot Anderson, 23 ans, est bien parti lui pour devenir le joueur anglais le plus cher de l'histoire en signant à Manchester City, tout en jouant sur le sol américain avec les "Three Lions".
Pour le sélectionneur de l'équipe d'Angleterre, Thomas Tuchel, ce n'est pas réaliste de bloquer le marché des transferts pendant le tournoi. Mais il fixe des limites. "C'est une question de bon sens, dit-il, je n'aimerais pas que ce soit la veille ou ou le jour du match, c'est la règle."
H.Beehncken--HHA