Hamburger Anzeiger - Tour d'Italie: Arrieta au bout de la folie

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Tour d'Italie: Arrieta au bout de la folie
Tour d'Italie: Arrieta au bout de la folie / Photo: Luca BETTINI - AFP

Tour d'Italie: Arrieta au bout de la folie

Ni une chute ni une erreur de parcours dans un final rocambolesque n'ont pu empêcher l'Espagnol Igor Arrieta de remporter la 5e étape du Tour d'Italie mercredi à Potenza où le Portugais Afonso Eulalio a pris le maillot rose de leader.

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Habituel équipier modèle, Arrieta a offert à l'équipe UAE sa deuxième victoire en deux jours après celle la veille de Jhonatan Narvaez. Mais à un moment, on a cru qu'il faisait tout pour ne pas y arriver, tellement les péripéties se sont enchaînées pour le Basque de 23 ans dans cette étape complètement folle, courue dans des conditions météo atroces.

Arrieta pensait avoir fait le plus dur en abordant le final en compagnie d'Eulalio avec un écart confortable sur les premiers poursuivants et plusieurs minutes d'avance sur le peloton des favoris.

Les deux hommes s'étaient extraits de l'échappée matinale à une soixantaine de kilomètres de l'arrivée et avaient collaboré à merveille.

Le scénario paraissait alors écrit: à lui la victoire d'étape. A Eulalio, mieux classé au général, le maillot rose, selon les usages séculaires du cyclisme.

C'est alors que l'affaire est devenue définitivement dingue pour couronner une journée déjà assez épique pour un peloton frigorifié et écrasé toute la journée par des trombes de pluie et même un orage de grêle.

C'est d'abord Arrieta qui est parti à la faute, à 13,6 km de l'arrivée, en glissant dans un virage à gauche sur une route détrempée. Terminé, pensait alors tout le monde. Jusqu'à ce qu'Eulalio, parti seul, ne tombe à son tour à 6,5 km du but, pour permettre à Arrieta de recoller.

Mais pas pour longtemps puisque l'Espagnol allait ensuite... emprunter une mauvaise route pour se retrouver nez à nez avec un rubalise, à deux bornes de l'arrivée.

- "Incroyable" pour Eulalio -

Pour autant, il a continué à y croire. "Je me devais d'essayer jusqu'au bout. Après une étape aussi dure on sait jamais. J'étais complètement cuit dans le dernier kilomètre. Mais je savais que c'était pareil pour lui. Et quand je recolle je me dis: +merde, peut-être que je peux gagner+", a raconté Arrieta qui dépassera Eulalio à 100 m de l'arrivée avant de s'effondrer en larmes.

"Je ne sais pas quoi dire, cette victoire signifie énormément pour moi. On méritait la victoire tous les deux", a-t-il ajouté. C'est seulement sa deuxième victoire après la modeste classique d'Ordizia l'an dernier.

Au classement général, le Basque est désormais deuxième à 2:51 d'Eulalio qui a pris une avance conséquente. Car les favoris pointent tous à plus de six minutes après une journée à claquer les dents dans le peloton avant de terminer l'étape en roue libre, loin de la folie à l'avant.

"C'est incroyable pour moi, toute la journée a été folle", a commenté le coureur de Bahrain qui devient, à 24 ans, le troisième Portugais à porter le maillot rose après Acacio Da Silva et Joao Almeida.

"J'aurais bien aimé gagner l'étape aussi car j'ai parié avec (son coéquipier) Damian Caruso qu'il prolonge sa carrière si je gagne. Mais c'est fantastique de porter le rose", a ajouté Eulalio, un coureur méconnu qui ne compte encore aucune victoire chez les pros mais s'était fait remarquer l'an dernier en prenant la 9e place des Mondiaux à Kigali.

Avec une telle avance au général, que peut-il espérer dans ce Giro avec son équipe qui a perdu son leader Santiago Buitrago, une des nombreuses victimes de la chute collective de la deuxième étape ?

S'il paraît acquis qu'il gardera sa tunique jeudi à Naples après une étape promise aux sprinteurs, le Portugais passera un premier gros test vendredi lors de l'ascension finale du Blockhaus.

W.Taylor--HHA