Ligue 1: Lens arrache la victoire contre Toulouse et s'accroche à son rêve européen
Après une entame de match désastreuse, Lens a poussé en supériorité numérique jusqu'à renverser Toulouse (3-2) au stade Bollaert vendredi en ouverture de la 30e journée de Ligue 1 pour se relancer avant de retrouver le TFC en demi-finale de la Coupe de France.
Une page de plus a été écrite dans ce conte de fée qu'est la saison 2025-2026 des Sang et Or. Alors qu'ils se dirigeaient vers un match nul frustrant au vu de leur nette domination après l'exclusion de Yann Gboho (17e), un sauveur a surgi: Ismaëlo Ganiou, de la tête, pour offrir aux siens l'un des succès les plus importants de l'année.
Non seulement le club du bassin minier (2e, 62 points) reprend un peu d'air devant la meute de prétendants à l'Europe qui les poursuit, Lille (3e, 53 pts) en tête, suivi de près par Marseille, Lyon, Rennes et Monaco, mais il prend en plus un avantage psychologique sur son adversaire du soir, qu'il retrouvera mardi (21h10) sur sa pelouse pour l'autre grand objectif de sa fin de saison.
Certes, ses concurrents à la Ligue des champions n'ont pas encore joué leur match de ce week-end, mais le club de l'Artois entrevoit sa qualification directe pour la plus prestigieuse et rémunératrice compétition européenne entre clubs, à quelques semaines du coup de sifflet final de la saison.
- Thauvin sur le banc -
En assénant un coup au moral des Toulousains (10e, 37 pts), les Lensois ont aussi soigné le leur, deux semaines après la rouste reçue dans le derby du Nord à Lille (3-0). Dans la foulée, leur entraîneur Pierre Sage avait pointé du doigt l'attitude de certains joueurs face aux médias et dans le vestiaire, laissant apparaître de premières fissures dans le bloc lensois, si solide depuis le début de la saison.
Le Jurassien a d'ailleurs effectué plusieurs choix forts en attaque en laissant Florian Thauvin et Odsonne Édouard sur le banc au coup d'envoi.
Au niveau de l'implication, ces doutes ont été balayés au vu de la prestation du soir et surtout de son résultat. Car Lens s'est compliqué la tâche en manquant complètement son entame.
C'est d'abord Robin Risser qui a offert un but au TFC en laissant échapper une frappe pourtant assez anodine de Cristian Casseres (6e). Par la suite, la défense artésienne a une nouvelle fois failli quand Seny Koumbassa a marqué de la tête (13e) en profitant de deux interventions hasardeuses de Malang Sarr et Arthur Masuaku.
Ce dernier était d'ailleurs un choix fort et attendu de Pierre Sage dans le onze de départ. Placé à gauche de la défense à trois, il a permis à Malang Sarr de se replacer dans l'axe et Ismaëlo Ganiou à droite, poussant sur le banc Nidal Čelik, qui a montré ses limites récemment.
- 42 tirs lensois -
Dans l'ensemble, la recrue hivernale a montré de belles choses, notamment dans la passe ou la frappe, certes dans un contexte beaucoup plus favorable grâce à l'exclusion de Yann Gboho, coupable d'une semelle haute sur Adrien Thomasson (17e).
L'ailier manquera donc la demie dans quatre jours et Toulouse l'un de ses meilleurs éléments offensifs (dix buts, deux passes décisives en championnat).
Ce fait de jeu a fait basculer le match dans une nouvelle dynamique: jusqu'au coup de sifflet final, les joueurs de Pierre Sage ont fait le siège de la défense toulousaine, faisant grimper les statistiques jusqu'à des niveaux rarement atteints.
Lens a ainsi tenté 42 frappes (13 cadrés) selon Opta, soit le plus haut total depuis que le statisticien analyse la compétition (2006-2007), tenant le ballon 78% du temps et obtenant 14 corners.
Ces chiffres en disent autant sur la domination lensoise que sur leur maladresse, mais les joueurs du Racing ont finalement réussi à renverser le match, d'abord en réduisant le score par Saud Abdulhamid (61e) puis en égalisant grâce à Adrien Thomasson (67e).
Le tout avant la délivrance d'Ismaëlo Ganiou (90+1). Bollaert a rugi, Lens avance.
E.Gerber--HHA