Foot: France-Brésil, une affiche de prestige comme un avant-goût de Coupe du monde
A deux mois et demi du coup d'envoi du tournoi, l'équipe de France s'offre un avant-goût de Coupe du monde en se mesurant en amical à un adversaire de prestige, le Brésil, pour lancer en grande pompe sa tournée américaine, jeudi à Foxborough (Massachusetts).
Même si la Seleçao n'est pas au mieux de sa forme, se frotter à elle n'est jamais anodin et les Bleus ne pouvaient pas rêver d'une meilleure affiche pour s'étalonner en vue du Mondial-2026 (11 juin-19 juillet aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada).
Affronter les quintuples champions du monde brésiliens fait forcément remonter à la surface les grandes heures du football et ces duels épiques qui ont écrit les plus belles pages de l'histoire de la discipline.
De la demi-finale de la Coupe du monde 1958 au quart de finale de 2006 en passant par celui de 1986 et bien entendu la finale de 1998 ayant sacré pour la première fois les Tricolores, plusieurs rencontres entre les deux sélections sont entrées dans la légende et donnent une saveur particulière au choc de jeudi, même s'il est dénué d'enjeu.
La motivation ne manquera pas des deux côtés avec la ferme volonté de marquer des points, au moins psychologiques, dans l'optique du Mondial, dans un Gillette Stadium qui accueillera le 26 juin le 3e match du 1er tour des troupes de Didier Deschamps face à la Norvège.
"Le Brésil, c'est la plus grande nation du foot. C'est incroyable de jouer contre eux, c'est une équipe qui peut gagner la Coupe du monde, c'est bien de se jauger contre eux", a expliqué la superstar des Bleus Kylian Mbappé, installé depuis mardi avec ses coéquipiers à l'hôtel Four Seasons de Boston qui leur servira de camp de base durant le Mondial.
Le capitaine a l'habitude d'être sous le feu des projecteurs mais il le sera d'autant plus qu'il revient à peine de près d'un mois d'arrêt pour cause d'entorse du genou gauche. S'il estime que son pépin physique est "derrière" lui, Mbappé, entré en fin de rencontre avec le Real Madrid le 17 mars en Ligue des champions sur la pelouse de Manchester City (2-1) puis dimanche en Liga lors du derby madrilène face à l'Atletico (3-2), n'a plus débuté une partie depuis le 21 février et devra donc rassurer sur son état.
- Le Brésil, loin d'être souverain -
On guettera aussi son association avec Ousmane Dembélé, dont la dernière titularisation en équipe de France date du 5 juin 2025 en demi-finale de la Ligue des nations contre l'Espagne (défaite 5-4). Le Parisien est devenu entre-temps Ballon d'Or et a changé de dimension mais il lui reste encore à devenir un leader offensif en bleu aux côtés de l'incontournable Mbappé, deuxième meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France (55 buts), à seulement deux petites unités du détenteur du record Olivier Giroud (57).
Les deux compères ont la capacité de faire souffrir des Brésiliens loin d'être souverains et privés de plusieurs joueurs majeurs, blessés (Rodrygo, Bruno Guimaraes, Alisson). Malgré l'arrivée aux commandes de Carlo Ancelotti en juin 2025, la Seleçao ne règne plus sur le continent sud-américain (élimination en quart de finale de la Copa America en 2024, 5e des qualifications de la zone Amsud) et a été largement dépassée par son grand rival argentin, champion du monde en titre.
Le célèbre technicien italien, qui vivra sa première Coupe du monde en tant que sélectionneur, s'échine pour l'instant en vain à créer un collectif digne de ce nom et le suspense lancinant autour de la condition physique de Neymar, non retenu pour cette fenêtre internationale, pollue également l'environnement de l'équipe aux cinq étoiles.
Mais en dépit de leurs avanies actuelles, les Auriverde inspirent toujours le respect. Didier Deschamps sait très bien qu'un Vinicius dans un grand jour a les moyens de faire plier n'importe quelle défense. La méfiance est donc de mise pour la France, qui devra faire sans l'un de ses deux titulaires en charnière centrale, William Saliba, forfait (cheville).
"Le Brésil fait toujours partie des grandes nations. Il y a beaucoup de grands joueurs. C'est toujours un moment particulier de l'affronter. Cela parle à tout le monde, c'est la terre du football. Il y a beaucoup de respect. Ce sera une très belle confrontation", estime ainsi le sélectionneur.
F.Schneider--HHA