Hamburger Anzeiger - Euronaval sous haute surveillance face aux risques d’ingérence et d’espionnage

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Euronaval sous haute surveillance face aux risques d’ingérence et d’espionnage
Euronaval sous haute surveillance face aux risques d’ingérence et d’espionnage

Euronaval sous haute surveillance face aux risques d’ingérence et d’espionnage

La France n'a jamais eu autant besoin de ses services de renseignement pour neutraliser les menaces. De la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) en passant par la DRM (Direction du renseignement militaire), la DGSI (direction générale de la direction intérieure), jusqu'à bien sûr la DRSD (Direction du renseignement et de la sécurité de défense), qui évalue la menace pesant sur la base industrielle et…

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La France n'a jamais eu autant besoin de ses services de renseignement pour neutraliser les menaces. De la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) en passant par la DRM (Direction du renseignement militaire), la DGSI (direction générale de la direction intérieure), jusqu'à bien sûr la DRSD (Direction du renseignement et de la sécurité de défense), qui évalue la menace pesant sur la base industrielle et technologique de défense (BITD). Ce sera bien sûr le cas au salon Euronaval qui ouvre ses portes ce mardi.

Car si ce salon est bien le rendez-vous des industriels du naval militaire, il est également le rendez-vous des espions en tout genre. « Les salons sont des moments clés pour les services de renseignement étrangers.

Ils y déploient des moyens humains et techniques renforcés. Certains ont été marqués par une vigilance accrue des autorités françaises, avec des signalements de tentatives d’intrusion ou de collecte d’informations », souligne la DRSD à La Tribune. D'une manière générale, les salons internationaux comme Euronaval ou Eurosatory sont « des lieux de collecte d’informations pour des acteurs étrangers, qu’ils soient étatiques, industriels ou privés », rappelle-t-elle.

Une course à la technologie Pourquoi cette effervescence dans le monde des services de renseignement au moment d'Euronaval ? « Dans un contexte géopolitique marqué par une compétition accrue pour le contrôle des espaces maritimes, la maîtrise des technologies avancées devient un enjeu stratégique, répond le général Aymeric Bonnemaison, le patron de la DRSD, dans la lettre d’information économique d'octobre de ce service de renseignement.

Cette situation expose les acteurs de la base industrielle et technologique de défense (BITD) française à des risques renforcés d’espionnage et de déstabilisation », Euronaval est donc bien le rendez-vous des espions comme le souligne le commissaire général d'Euronaval, Guillaume Merveilleux du Vignaux. Il explique dans la lettre de la DRSD, que « la concentration de décideurs, de délégations officielles, de technologies sensibles et d'industriels de premier plan en fait un environnement exposé aux actions de renseignement, au ciblage cyber, aux opérations d’influence ou encore aux tentatives d’ingérence et d’atteinte à la sûreté ». Quelles méthodes d'approche ?

Comment s'y prennent-ils ? Des méthodes souvent très classiques mais qui peuvent être parfois efficaces pour obtenir des données sensibles auprès de la Base industrielle et technologique de défense (BITD).

« Des individus ou des entreprises se présentent sous de fausses identités (clients, candidats à l’embauche, journalistes) pour obtenir des informations techniques, commerciales ou organisationnelles », explique la DRSD. Autre approche : « des invitations à des événements, des propositions de visites ou conférences, en apparence anodines, peuvent être utilisées comme prétexte pour établir un contact et extraire des données ». En parallèle, des offres d’emploi ou de consulting ciblées sont une autre tactique pour accéder à des compétences ou des connaissances sensibles.

Tout comme des demandes de documentation ou de démonstrations font partie des approches classiques pour accéder à certaines informations. L’organisation du salon prend les mesures pour contrer ces menaces.

« Elle le fait bien évidemment en lien étroit avec les services de l’État », en particulier la DRSD, note le commissaire général d'Euronaval. Une concurrence de plus en plus désinhibées Pour éviter la fuite de données, la DRSD conseille de ne « jamais montrer des plans détaillés, des schémas techniques ou des spécifications non publiques ». C'est aussi le cas pour des prototypes ou des équipements sensibles (même partiels.

Elle recommande aussi de « pas montrer des données commerciales ou stratégiques (prix, volumes, partenariats en cours) de cette manière que des informations sur les chaînes d’approvisionnement (fournisseurs critiques, vulnérabilités) ». En parallèle, elle incite également très fortement à ne pas partager ni des accès numériques (clés USB, liens vers des plateformes internes, identifiants), ni des retours d’expérience opérationnels (performances, limites, incidents) ni, enfin, des photographies ou vidéos si elles révèlent des détails non publics.

Clairement, les industriels sont invités à maîtriser leurs communications. Pas facile lors d'un salon tel que Euronaval, la vitrine des savoir-faire français dans le domaine naval pour séduire de nouveaux clients internationaux ou fidéliser les anciens face à une concurrence de plus en plus désinhibée.

Th.Frei--HHA