Bolivie: deux morts, 14 disparus et 81 blessés dans des explosions dans une installation militaire
Deux explosions successives dans une installation militaire où était entreposé du matériel pyrotechnique ont fait vendredi au moins deux morts et 81 blessés, dont deux dans un état grave, dans l'ouest de la Bolivie, ont annoncé les autorités.
Au moins 14 personnes sont par ailleurs portées disparues, selon un nouveau bilan diffusé samedi par le ministère de la Défense.
Le drame s'est produit vendredi vers 14H30 (18H30 GMT) à Viacha, une ville de quelque 100.000 habitants à une trentaine de kilomètres de La Paz.
Samedi, les rues étaient pleines de décombres, de poteaux déformés et de vitres brisées, a constaté un photographe de l'AFP.
Le ministre de la Défense Ernesto Justiniano a fait état lors d'une conférence de presse de "deux personnes décédées confirmées" et de 81 blessés, dont deux dans un état grave.
Les morts et les disparus étaient des militaires servant dans l'installation, a précisé le ministère dans un communiqué.
"Quatorze militaires en service qui étaient dans le secteur touché par les deux explosions survenues dans le centre militaire de Viacha n'ont pas été retrouvés pour l'heure", a indiqué dans un communiqué le colonel Antonio Amaru, commandant de l'enceinte Bolivar. Il s'agit d'un sergent et de 13 conscrits âgés de 18 et 19 ans qui effectuent un an de service militaire, obligatoire en Bolivie.
Le colonel Amaru a indiqué que les "opérations de recherche, de secours et de déblaiement" se poursuivaient.
Les blessés ont été pris en charge dans différents centres médicaux de Viacha, selon le ministre de la Défense.
Des habitants du secteur ont été évacués vers un centre d'hébergement temporaire. "Il n'est pas encore prudent" qu'ils regagnent leur domicile car "des habitations ont été endommagées par l'onde de choc", selon M. Justiniano.
L'approvisionnement en électricité a été interrompu dans la zone touchée, où des dizaines de policiers ont été déployés, a constaté un correspondant de l'AFP.
- Enquête -
Le président Rodrigo Paz a exprimé sur X sa "profonde solidarité avec les familles des personnes décédées, les blessés et tous les habitants affectés par les explosions".
Il a annoncé avoir ordonné une enquête "minutieuse, technique et transparente". "Nous devons établir avec une clarté absolue les causes de cet événement, vérifier le respect des protocoles de sécurité et déterminer les responsabilités qui pourraient être engagées", a-t-il déclaré.
Selon M. Justiniano, deux explosions se sont produites. La première aurait impliqué de la poudre noire provenant du matériel pyrotechnique entreposé sur place. Elle a été suivie d'une seconde déflagration "d'une ampleur beaucoup plus importante", a-t-il déclaré.
"La cause et le matériau impliqué dans cette seconde explosion sont encore en cours de détermination", a-t-il ajouté.
Le ministère de la Défense a précisé qu'aucun type d'armement de guerre n'avait explosé.
Le parquet a ouvert une enquête pénale pour homicide involontaire et blessures involontaires, ainsi que pour d'autres infractions, selon le ministère.
"L'incident est maîtrisé", a assuré le colonel Roger Roca, porte-parole de la police.
Des pompiers travaillaient avec des camions-citernes pour refroidir la zone, selon des images diffusées par des médias locaux.
"A l'heure actuelle, notre priorité va aux personnes : prendre en charge les blessés, accompagner leurs familles et poursuivre les opérations de recherche et de vérification", a indiqué M. Justiniano.
F.Schneider--HHA