Les fonctionnaires ne doivent pas être "les boucs émissaires" des difficultés financières, selon un ministre
Les fonctionnaires ne doivent pas être "les boucs émissaires" des difficultés financières de la France, a dit le ministre des Comptes publics David Amiel dimanche, alors que des syndicats de la Fonction publique appellent à une journée de mobilisation à la rentrée.
"Je refuse que les fonctionnaires soient les boucs émissaires de nos difficultés de finances publiques", a souligné David Amiel, invité de l'émission Questions politiques de France Inter, franceinfo TV et Le Monde.
"Ce n'est pas de la faute des fonctionnaires. Ce n'est pas (le) nombre d'emplois dans la fonction publique de l'État qui a creusé les déficits publics ces dernières années", a dit le ministre, évoquant "le poids, à l'inverse, des dépenses sociales."
L'ensemble des organisations syndicales représentatives de la Fonction publique - CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP - a appelé mercredi les agents à une journée de mobilisation et à des manifestations à la rentrée, "intégrant la perspective d'une grève" le 29 septembre face à "l'absence de réponse salariale immédiate du gouvernement", selon un communiqué commun.
L'enjeu des rémunérations cristallise les revendications, alors qu'une réunion sur le sujet est prévue début juillet entre gouvernement et syndicats notamment.
Les organisations réitèrent leurs demandes de mesures urgentes et immédiates, notamment une "revalorisation significative" de la valeur du point d'indice sur la base duquel une partie de la rémunération des agents est calculée et qui est gelé depuis trois ans, ou encore le rétablissement d'une prime en faveur du pouvoir d'achat, suspendue en 2024.
Les syndicats réclament aussi une refonte des grilles indiciaires qui structurent les carrières afin d'offrir une "véritable progression" aux agents.
"Nous avons un dialogue avec les organisations syndicales. On est dans une situation de finances publiques compliquée. Je recevrai évidemment les organisations syndicales au début du mois de juillet pour avoir la discussion avec eux", a indiqué David Amiel.
"Il y a eu, vous le savez, ces dernières années, des augmentations pour un certain nombre d'agents publics, pour les enseignants en début de carrière (...) Mais effectivement, le problème majeur qu'on a dans la fonction publique, c'est ce sentiment que parfois, et même souvent, les efforts ne payent pas assez", a reconnu le ministre.
"C'est-à-dire que les promotions viennent trop tardivement, trop lentement, ne vont pas avec une augmentation de la rémunération", a-t-il ajouté.
I.Hernandez--HHA