Gaza: 21 morts dont 12 enfants dans l'effondrement d'un immeuble
Au moins 21 personnes, dont 12 enfants, sont mortes mercredi dans l'effondrement d'un immeuble de six étages qui avait été endommagé par des frappes israéliennes dans la ville de Gaza, selon des secouristes palestiniens.
"Après des heures de travail acharné, nos équipes ont récupéré les corps de 21 personnes qui étaient restées prisonnières sous les décombres de l'immeuble qui s'est effondré (...) Parmi les morts se trouvent 12 enfants", a déclaré dans un nouveau bilan la Défense civile, qui opère comme service de secours sous l'autorité du mouvement palestinien Hamas.
Le bâtiment de six étages, comprenant quatre appartements par étage, avait été "directement ciblé" au cours de la guerre entre Israël et le Hamas, ce qui a "compromis son intégrité structurelle et entraîné son effondrement", a déclaré le bureau de presse du Hamas à Gaza.
L'immeuble s'est écroulé en pleine nuit, alors que les dizaines de personnes qui y avaient trouvé un refuge de fortune dormaient, ce qui explique le grand nombre de victimes.
Mercredi à la mi-journée, des équipes de secouristes aidées par des voisins s'affairaient à déblayer l'enchevêtrement de pierres et de tiges métalliques avec des moyens de fortune, souvent à la main, a constaté un journaliste de l'AFP.
La Défense civile a expliqué devoir travailler avec "un équipement limité et des outils rudimentaires", accusant Israël d'"empêcher l'entrée d'engins lourds" dans la bande de Gaza.
Au milieu des débris, le corps d'une victime, enveloppé d'un linceul blanc, est extrait puis évacué. D'autres images de l'AFP montrent la dépouille d'un enfant pleurée par des proches.
- "Plus d'abri" -
"Mon ami et mes voisins vivaient dans cet immeuble. Je suis venu l'aider pour tenter de récupérer quelques vêtements et des matelas. Il n'a plus aucun abri ni maison", dit à l'AFP Mohannad Al-Mashharawi, un jeune homme qui observe les opérations de recherches.
Selon le bureau de presse du Hamas, les habitants avaient été appelés à ne pas revenir dans l'immeuble après les frappes, mais beaucoup avaient pris le risque de s'y réinstaller face à l'ampleur des destructions sur le territoire et au manque de logements.
"Nous tenons l'occupation israélienne et la communauté internationale pleinement et directement responsables de cette catastrophe qui frappe notre peuple", a accusé le bureau de presse du Hamas dans sa déclaration.
A l'hôpital al-Chifa de Gaza-ville, des journalistes de l'AFP ont vu des hommes en larmes portant les corps d'enfants enveloppés dans des linceuls blancs.
Des proches étaient accroupis sur le sol pour dire un dernier adieu à leurs êtres chers, embrassant les visages des morts au milieu des sanglots.
"Ces bâtiments ne sont rien d'autre que des bombes à retardement", a déclaré à l'AFP Ahmed Al-Ajla, dont l'oncle et d'autres membres de sa famille ont été tués dans l'effondrement.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déclaré avoir fourni des équipements pour soutenir les opérations de recherche à la demande des autorités locales.
"A l'approche des fortes pluies et des vents hivernaux, le risque d'effondrement des bâtiments endommagés va augmenter, mettant davantage de vies en danger", a-t-il indiqué.
La grande majorité des immeubles de la bande de Gaza ont été détruits ou endommagés par les bombardements israéliens déclenchés en riposte à l'attaque du 7 octobre 2023 par le mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien, qui a fait plus de 1.200 morts.
La guerre à Gaza a fait plus de 73.000 morts palestiniens et 174.000 blessés, d'après le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.
M.Schneider--HHA