Hamburger Anzeiger - IA: une start-up allemande appelle l'Europe à "plus d'optimisme" malgré les craintes

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IA: une start-up allemande appelle l'Europe à "plus d'optimisme" malgré les craintes
IA: une start-up allemande appelle l'Europe à "plus d'optimisme" malgré les craintes / Photo: Silas Stein - AFP

IA: une start-up allemande appelle l'Europe à "plus d'optimisme" malgré les craintes

Une start-up allemande de pointe dans l'intelligence artificielle appelle l'Europe à considérer cette technologie avec plus d'optimisme malgré les inquiétudes quant à sa dangerosité, avertissant que les Européens risquent de prendre encore plus de retard sur les États-Unis et la Chine.

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"Je pense que l'état d'esprit en Europe doit évoluer vers l'optimisme et vers l'opportunité, et non vers le risque et la peur", estime dans un entretien à l'AFP Robin Rombach, patron de Black Forest Labs, spécialiste de la génération d'images par IA.

Ces propos interviennent après des mises en garde apocalyptiques quant à une possible perte de contrôle des IA, après plusieurs incidents impliquant notamment des agents de l'américain OpenAI.

Basée dans la ville médiévale allemande de Fribourg-en-Brisgau, l'entreprise — qui tire son nom de la Forêt-Noire toute proche —développe des modèles de génération d'images par IA.

Valorisée à environ 3,25 milliards de dollars, elle a récemment fait la une en annonçant la nomination du réalisateur américain Martin Scorsese comme conseiller, suscitant l'indignation chez certains à Hollywood, inquiets pour les emplois du secteur.

Robin Rombach, 33 ans, a contribué à mettre au point la "diffusion latente", une avancée décisive sur laquelle repose de nombreux systèmes de génération d'images par IA.

Avec un peu plus de cent employés, ses modèles "FLUX" génèrent des images fixes et animées à partir de texte.

L'entreprise lorgne désormais sur l'IA physique : son dernier modèle a été testé par le constructeur automobile Audi, pour que des robots remplissent des tâches sur les chaînes de production.

Malgré ses racines de Fribourg, l'entreprise dispose d'un second siège à San Francisco et a bénéficié, dès ses débuts, du soutien du fonds de capital-risque de la Silicon Valley Andreessen Horowitz.

- Une poignée de fleurons -

L'intéressé juge qu'au moment de la création de Black Forest Labs, en 2024, il n'existait pas encore de "véritable écosystème de start-up" en Europe, en particulier pour les "technologies de rupture de pointe".

"Si l'on veut construire un modèle de pointe dans un secteur très concurrentiel, il faut aller vite", insiste-t-il, citant des "ingrédients" nécessaires comme des capitaux et une puissance de calcul considérables.

L'Europe compte une poignée d'autres fleurons comme le français Mistral, mais reste à la traîne face aux américains OpenAI et Anthropic ou au chinois DeepSeek.

Zach Meyers du CERRE, un "think tank" basé à Bruxelles, fait écho à certaines des inquiétudes de Rombach, estimant que le "principal obstacle" à la croissance et à l'innovation de l'IA en Europe est l'accès aux capitaux.

La plupart des entreprises européennes se financent par les banques, or elles sont traditionnellement plus prudentes que les investisseurs en capital-risque pour soutenir des jeunes pousses qui mettent des années à être rentables, explique M. Meyers, spécialiste de la politique numérique de l'UE.

"Ce n'est pas ainsi que fonctionnent les marchés technologiques, en particulier pour une technologie aussi naissante que l'IA", appuie-t-il.

Black Forest Labs se dit attaché aux modèles d'IA "à poids ouverts" ("open-weight"), dont certains peuvent être téléchargés par des chercheurs et des développeurs, ce qui "accroît la transparence, accroît la sécurité"

Robin Rombach plaide pour une approche ouverte du développement de l'IA et juge "fondamentalement erroné" qu'une technologie aussi cruciale soit contrôlée par une poignée d'entreprises.

Pour le dirigeant, le plus grand danger réside dans l'humain lui-même.

"La principale chose qui pourrait anéantir l'humanité, c'est la bêtise".

H.Brunner--HHA