Trump en campagne sur des terres républicaines avant des élections à haut risque
Donald Trump multiplie les meetings avant les élections de mi-mandat et se rend lundi dans le Kansas, un État du centre des États-Unis traditionnellement républicain, mais où les démocrates se mettent à croire en une victoire.
À un peu plus de deux semaines des "midterms", le président américain use de tout son poids pour faire pencher la balance en faveur de son parti face à la perspective de perdre la majorité à la Chambre des représentants, et même au Sénat, le 3 novembre.
Après le Kansas lundi, direction la Caroline du Nord mardi puis la Caroline du Sud le lendemain avant l'Iowa jeudi, la Floride vendredi et la Géorgie et le Michigan au cours du week-end. Un programme chargé pour le milliardaire octogénaire, mais qui l'emmène seulement dans des États qu'il a remportés à la présidentielle de 2024.
Le choix du lieu pour ces meetings n'est évidemment pas anodin : même dans des États habituellement ancrés à droite, les mauvais sondages s'accumulent pour les candidats républicains.
Dans le Kansas, par exemple, un sondage YouGov mené récemment donne le démocrate Adam Hamilton, pasteur d'une méga-église, avec une avance de trois points face au sénateur sortant, le républicain Roger Marshall.
- "Opération de sauvetage" -
État agricole des grandes plaines du centre du pays, le Kansas n'a pas élu de sénateur démocrate depuis les années 1930, mais l'espoir de le voir basculer à gauche renaît chez les démocrates.
La venue de Donald Trump lundi peut ainsi être vue comme un signe de l'urgence ressentie dans le camp républicain à l'approche du scrutin.
Et les flux d'argent semblent le souligner.
L'organisation républicaine Senate Leadership Fund a ainsi décidé de financer une nouvelle campagne de publicité dans le Kansas, selon la firme spécialisée AdImpact, obligeant à annuler celle prévue en Caroline du Nord.
Dans cet État du sud-est remporté trois fois par Donald Trump, les sondages sont tellement unanimes à donner une victoire du démocrate Roy Cooper que les républicains ont décidé de cesser en grande partie leurs efforts pour conserver le siège afin de mieux les consacrer ailleurs.
Le Center for Politics de l'université de Virginie souligne dans une note récente qu'"une véritable opération de sauvetage semble avoir été entreprise par les républicains pour Marshall", leur candidat dans le Kansas. Les auteurs disent cependant demeurer "sceptiques" quant à la perspective d'une victoire démocrate dans l'État.
Pour reprendre la majorité au Sénat, les démocrates n'auront à gagner que quatre sièges actuellement tenus par les républicains. Outre la Caroline du Nord, ils visent particulièrement le Maine, l'Alaska, l'Ohio, et même le Texas.
- Mécontentement -
Ces espoirs d'une "vague bleue" reposent en grande partie sur l'impopularité historique à laquelle est confrontée Donald Trump.
Car si les élections de mi-mandat sont traditionnellement défavorables au parti qui occupe la Maison Blanche, les sondages montrent que le milliardaire républicain pourrait être confronté à un vote sanction inédit depuis longtemps.
Sa cote de popularité auprès des Américains n'est qu'à 33%, au plus bas depuis son retour au pouvoir, selon une enquête Ipsos pour le Washington Post et ABC News publiée dimanche.
Pour expliquer leur mécontentement, les électeurs interrogés donnent une raison majeure : le coût de la vie.
Alors qu'il avait fait campagne en 2024 en promettant de faire baisser l'inflation, le républicain a échoué de manière patente. La situation a même empiré avec sa politique de droits de douane et la guerre déclenchée contre l'Iran aux côtés d'Israël.
Teresa Burton, une avocate de 55 ans rencontrée samedi à Los Angeles par l'AFP lors d'une manifestation "No Kings" contre le président, a livré son sentiment : "Donald Trump démolit notre pays, notre économie, notre démocratie, notre Etat de droit, nos tribunaux."
"Et nous ne le tolérons plus."
O.Meyer--HHA