Les Vietnamiens fatalistes à l'heure des élections législatives
Les Vietnamiens se rendent aux urnes dimanche pour élire les membres de l'Assemblée nationale, un scrutin suscitant une relative indifférence car la plus haute instance législative du pays sert surtout de chambre d'enregistrement aux décisions du parti communiste au pouvoir.
Dans les rues de Hanoi, la capitale, des bannières patriotiques rouge et jaune flottent sur les lampadaires et les feux de signalisation, exaltant une "célébration nationale" et un peuple votant "avec empressement".
Mais dans un pays où toutes les grandes décisions sont prises au sommet de la pyramide communiste, de nombreux citoyens accueillent les élections législatives avec une certaine tiédeur.
"Je ne vote pas parce que je pense que ma voix ne compte pas", témoigne Phuong Anh, employée administrative à Da Nang (centre), et beaucoup de ses proches partagent son sentiment.
"Les gens finissent quoi qu'il arrive par accepter ceux qui sont élus car c'est comme ça que fonctionne le système ", poursuit la jeune femme de 25 ans, fataliste.
Peuplé de 100 millions d'habitants, le Vietnam est à la fois un pôle économique régional grandissant, fort d'une croissance de 8% en 2025, et un Etat autoritaire à parti unique où les voix dissidentes sont régulièrement emprisonnées.
Le scrutin, qui s'est ouvert tôt dimanche matin, sera clos à 19H00 (12H00 GMT) et les résultats ne devraient pas être connus avant une semaine au moins.
Parmi les 864 candidats aux 500 sièges de l'Assemblée nationale, seuls 65 ne sont pas membres du parti communiste, contre 74 lors du précédent scrutin il y a cinq ans.
Quynh Anh, employée de bureau de 24 ans à Hô Chi Minh‑Ville (sud), n'avait pas voté la dernière fois, mais envisage de le faire dimanche, principalement par curiosité.
"Je ne dirais pas que je suis très enthousiaste, mais c'est une expérience nouvelle, que je n'ai jamais vécue, donc j'ai envie de voir ce que ça donne", dit-elle.
- To Lam président? -
L'une des premières tâches de la nouvelle Assemblée, lorsqu'elle siègera le mois prochain, sera de confirmer les principaux dirigeants déjà désignés par le parti lors de son congrès quinquennal en janvier.
To Lam a été reconduit comme attendu au poste de secrétaire général, mais il est largement pressenti pour devenir également président, un poste qui nécessite l'approbation des députés.
"En tant qu'institution plus ou moins décorative, il n'y aura pas de grandes surprises lors du vote" à l'Assemblée, estime Nguyen Khac Giang, de l'Institut ISEAS–Yusof Ishak de Singapour.
"Les choix concernant les plus hauts postes, en particulier le Premier ministre et le président, auront toutefois des implications importantes pour le processus de réforme en cours", ajoute‑t‑il.
A la tête du Vietnam depuis moins de deux ans, To Lam a mis en oeuvre des changements spectaculaires, réduisant drastiquement la bureaucratie tout en lançant de grands investissements dans les infrastructures afin de stimuler la croissance.
Le parti s'est rallié à sa vision ambitieuse lors du dernier congrès, marqué par l'élection de plusieurs de ses alliés au sein du politburo, en plus de sa reconduction.
Les autres piliers de la structure dirigeante collective du Vietnam - le président, le Premier ministre et le président de l'Assemblée nationale - seront tous confirmés par un vote des députés.
A.Dankwers--HHA