Gaza: nouvel accroc à la trêve, Israël dit avoir "éliminé trois terroristes"
L'armée israélienne a annoncé vendredi avoir mené des frappes aériennes et "éliminé trois terroristes" sortis d'un souterrain dans le sud de la bande de Gaza, dans un nouvel incident illustrant la fragilité de la trêve.
Les frappes ont eu lieu dans la zone de Rafah où se trouve le poste-frontière avec l'Egypte, seul passage entre la bande de Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël, et dont les habitants du territoire palestinien, l'ONU et les organisations humanitaires attendent avec impatience la réouverture.
Avant l'aube, des soldats ont identifié "huit terroristes" sortant d'infrastructures souterraines dans l'est de Rafah et "l'armée de l'air israélienne (en) a visé et éliminé trois", indique un communiqué militaire israélien.
Selon le texte, des frappes supplémentaires ont été menées vers les zones où les autres tentaient de s'échapper et les forces israéliennes "poursuivent les recherches dans le secteur afin de localiser et d'éliminer l'ensemble des terroristes".
"Les troupes (israéliennes) restent déployées conformément à l'accord de cessez-le-feu et continueront d'agir pour neutraliser toute menace immédiate", a ajouté l'armée, sans fournir aucune indication sur le type d'armes éventuelles dont étaient munies les personnes qu'elle dit avoir tuées.
Un peu plus de deux ans après le début de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël à partir de Gaza, un cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre, sous la pression des Etats-Unis.
Alors que les belligérants s'accusent mutuellement de violer la trêve de façon quotidienne et qu'ils ne sont pas acquittés de l'intégralité de leurs engagements, Washington a annoncé mi-janvier le passage à la deuxième phase du cessez-le-feu, censée mener vers une fin définitive de la guerre.
La première phase prévoyait notamment la libération ou la restitution de tous les otages israéliens et étrangers, vivants ou morts, détenus par le Hamas ou ses alliés dans la bande de Gaza en échange de la libération de Palestiniens détenus par Israël et de la remise de corps d'habitants de Gaza tués depuis le début de la guerre.
Cette séquence s'est achevée jeudi avec la restitution aux autorités de Gaza, par l'intermédiaire de la Croix-Rouge, des corps de 15 Palestiniens, au lendemain des funérailles du dernier otage israélien, dont les restes avaient été exhumés en début de semaine par l'armée israélienne dans un cimetière du nord de Gaza.
- Désarmement? -
Le gouvernement israélien avait annoncé lundi consentir à une réouverture limitée du poste-frontière de Rafah, pour les piétons uniquement, une fois que la dernière dépouille aurait été ramenée en Israël, mais sans s'engager sur une date.
Plus de 24 heures après les funérailles de Ran Gvili, un policier tué le 7-Octobre, les Palestiniens de Gaza attendent la matérialisation de cette annonce, très en-deçà de leurs attentes et de celle de la communauté humanitaire, qui espère pouvoir faire entrer par Rafah davantage d'aide et procéder à des évacuations médicales.
La situation humanitaire reste dramatique pour les plus de deux millions de Palestiniens de la bande de Gaza, vivant largement sous tente dans un territoire dévasté et livré aux intempéries de l'hiver.
La réouverture de Rafah doit aussi permettre l'arrivée des membres du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), groupe de 15 technocrates créé dans le cadre du plan du président américain Donald Trump pour Gaza afin de gérer le territoire pendant une période transitoire.
Aux termes de ce plan, endossé en novembre par le Conseil de sécurité des Nations unies, la deuxième étape de la trêve prévoit notamment le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.
"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais (mais) il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré jeudi M. Trump à propos du Hamas, qui n'avait pas encore réagi à ces propos vendredi matin.
F.Carstens--HHA