Hamburger Anzeiger - Campings incendiés et vacanciers sinistrés: "On a un short et des claquettes"

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Campings incendiés et vacanciers sinistrés: "On a un short et des claquettes"
Campings incendiés et vacanciers sinistrés: "On a un short et des claquettes" / Photo: Jc Milhet - AFP

Campings incendiés et vacanciers sinistrés: "On a un short et des claquettes"

Dans la foule de vacanciers évacués qui patientent vendredi sur une chaise ou à l'ombre d'un arbre, certains n'ont plus qu'"un short et des claquettes": après l'incendie qui a brûlé trois campings dans les Pyrénées-Orientales, établissements et touristes comptent leurs pertes.

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Le mobil-home de Stéphane Barbier, 34 ans, se trouvait "en plein milieu des parcelles brûlées", raconte le vacancier originaire de Seine-et-Marne.

Jeudi après-midi, quand le feu s'est déclaré, sa famille et lui étaient partis se promener. "On n'a pas pu rentrer, on a un short et des claquettes, c'est tout à peu près", explique-t-il. A côté de lui, sa fille de 10 ans acquiesce, désignant la robe jaune qu'elle a sur le dos.

Comme des centaines d'autres campeurs évacués - 1.700 au total -, la famille était accueillie vendredi dans une salle municipale de Canet-en-Roussillon, reconvertie en centre d'accueil.

A l'entrée, le personnel des campings touchés dirige les arrivants vers deux pièces distinctes: à gauche, ceux dont les emplacements ont été préservés, à droite, les sinistrés.

Dans la seconde salle, Simone, une touriste allemande de 63 ans, inspecte les tas de vêtements apportés par des riverains. Croissants, cafés, sodas et produits de toilette sont aussi proposés.

A cinq kilomètres de là, les accès aux campings Marina et Brasilia sont barrés par les gendarmes. Dans la végétation alentour, des pompiers éteignent quelques fumerolles à la lance. Dans l'air flotte une odeur acre de bois brûlé.

Parti de Sainte-Marie-la-Mer, l'incendie s'est propagé à Canet-en-Roussillon, touchant le pôle nautique et poussant 1.500 personnes à évacuer leurs entreprises.

- "Dépitée" -

"Ça a brûlé tellement vite. Le plus important, c'est qu'il n'y ait pas eu de victime, que les évacuations se soient bien déroulées. Mais ce sera sans doute difficile cette saison", explique Bernadette Margaill, la comptable du camping Brasilia, "institution" de la commune depuis plusieurs décennies. D'après elle, un tiers du camping a été réduit en cendres.

Sur son téléphone, elle montre des photos de la réception, désormais amas de bois et de béton.

"On espère quand même que ça ne donnera pas une image défavorable du département, parce qu'on est prêts pour accueillir les touristes et qu'on fait tout pour que tout le monde soit en sécurité", a affirmé à l'AFP le maire de Sainte-Marie-la-Mer, Edmond Jorda.

A Canet-en-Roussillon, sur le front de mer, les restaurateurs "compatissent" avec les propriétaires des campings: "En tant que commerçant, ça prend aux tripes."

"Beaucoup de touristes, parfois des étrangers, fréquentent ces établissements l'été et peuvent s'arrêter chez nous. Il y aura forcément un impact à court-terme, après on verra avec les réparations. Mais ce n'est pas évident", explique Genia Bordovich, responsable d'une brasserie.

Le camping Saint-Marie pourra rouvrir dès lundi, mais le Brasilia restera fermé jusqu'au 20 juillet, a précisé le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe. Pour le Marina, le plus touché, aucune date n'a encore été fixée.

Au centre d'accueil, les enfants de Delphine, 34 ans, patientent en coloriant un papillon. La jeune femme originaire d'Eure-et-Loir, qui a perdu sa caravane dans les flammes, se dit "dépitée" par ces vacances "gâchées".

A bord de cars escortés par la police municipale, les vacanciers dont les emplacements ont été épargnés ont quant à eux pu retourner aux campings en début d'après-midi pour faire leurs bagages.

J.Fuchs--HHA