Sourd aux appels au multilatéralisme, Trump défend à l'ONU une Amérique toute puissante
Donald Trump a défendu mardi devant l'ONU sa vision d'une Amérique puissance militaire affranchie des règles internationales et sourde aux appels au multilatéralisme, défendu notamment par le chef des Nations unies et Emmanuel Macron.
Assurant que les Etats-Unis ne participeraient pas à la régulation mondiale de l'Intelligence artificielle (IA), le président américain a appelé les pays à abandonner la Cour pénale internationale, créée pour juger les crimes de guerre.
Il s'est également félicité du contrôle américain sur le pétrole vénézuélien, après le renversement du gouvernement de ce pays par les forces américaines.
Sur l'Iran, Donald Trump a menacé d'"anéantir" le pays tout en prévoyant un possible accord après les élections législatives prévues aux Etats-Unis en novembre.
A rebours de l'isolationnisme américain exprimé lors de cette grand-messe annuelle à New York, le président français a appelé à "se tenir droit aux côtés des Nations Unies", disant craindre un "retour de la loi de la jungle".
Enlisé dans son conflit avec Téhéran, très impopulaire auprès des Américains, confronté à des élections qui s'annoncent difficiles, Donald Trump a, de manière inhabituelle, suivi son prompteur et adopté un ton plus mesuré que l'année passée dans la même enceinte.
. Macron : "vive les Nations Unies"
Pour son dernier discours de président à la tribune de l'ONU, le chef de l'Etat français s'est livré à un plaidoyer en faveur de l'institution, gardienne d'une "société internationale civilisée".
Il a aussi rendu hommage au secrétaire général sortant de 77 ans, terminant son discours d'un "vive les Nations Unies" chaudement applaudi.
. Groenland: accord signé !
Immédiatement après son discours à la tribune, Donald Trump a signé avec le Danemark un accord sur le Groenland mettant fin à une crise majeure avec les Européens, après avoir menacé de rattacher purement et simplement ce territoire autonome danois aux Etats-Unis.
Le texte prévoit que les Etats-Unis construisent deux nouvelles bases militaires dans le sud et l'est du territoire. Il reconnaît par ailleurs la souveraineté de Copenhague et le droit des Groenlandais à l'autodétermination.
Un accord "formidable (...) pour tout le monde", selon Donald Trump.
. IA : nouvel appel à réguler
Le secrétaire général de l'ONU s'est particulièrement adressé aux nations "qui disposent des plus grandes capacités en matière d'IA", c'est-à-dire Chine et Etats-Unis, leur demandant d'"établir des canaux de dialogue, de transparence, de confiance et de coopération".
Même si Donald Trump se montre résistant à une supervision internationale, son ministre des Finances a proposé dimanche à la Chine la mise en place d'un mécanisme de notification entre les deux pays en cas d'incident.
. Vers une accalmie en Ukraine?
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, présent à New York où il a rencontré Donald Trump, a affirmé que leurs deux pays souhaitaient que la guerre contre la Russie s'arrête "avant l'hiver".
Dans ce conflit qui ne donne pour le moment aucun signe d'accalmie, il a dans le même temps rappelé son besoin vital de systèmes de missiles Patriot, fabriqués aux Etats-Unis, seuls capables d'intercepter les engins russes volant à grande vitesse.
. La Palestine dans les esprits
Evoquant le conflit entre Israël et les Palestiniens, Antonio Guterres a estimé que "les violences, les déplacements de population et l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée" par Israël faisaient "planer le spectre d'un nettoyage ethnique".
"Nous ne pouvons pas laisser la solution à deux États disparaître sous nos yeux", a-t-il insisté, alors que cette perspective semble s'éloigner.
Emmanuel Macron, lui, a parlé d'"un spectacle qui nous fait honte" en parlant de la Cisjordanie occupée et de Gaza. Le Premier ministre israélien, attendu jeudi à l'ONU, a dénoncé "l'absurdité grotesque" des propos du président français.
. Lula en campagne
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a profité de la tribune pour émettre des mises en garde, face aux craintes d'ingérence étrangère dans la campagne électorale qui l'oppose au candidat d'extrême droite Flavio Bolsonaro, proche de la sphère trumpiste.
"Nous disposons d'un système électoral moderne et solide", a-t-il souligné, jurant d'empêcher les "ennemis de la démocratie, qu'ils soient nationaux ou étrangers, de porter atteinte à la volonté populaire".
H.Eggers--HHA