Hamburger Anzeiger - "Tarif agent": au terme d'une journée de grève massive, électriciens et gaziers en appellent à Matignon

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"Tarif agent": au terme d'une journée de grève massive, électriciens et gaziers en appellent à Matignon

"Tarif agent": au terme d'une journée de grève massive, électriciens et gaziers en appellent à Matignon

Les électriciens et gaziers en ont appelé à Matignon, au terme d'une grève massive, mardi, contre un projet de réforme de leur tarif préférentiel de l'énergie, un avantage qui fait partie de leur rémunération.

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Au total, sur les effectifs totaux, 65% de grévistes ont été comptabilisés chez EDF SA (hors filiales) en fin de journée et 61% (chiffre à la mi-journée) dans le groupe Engie, selon les directions des entreprises, des taux "historiques" selon les syndicats.

Forte de cette mobilisation, l'intersyndicale CGT/CFE-CGC/CFDT/FO, a été reçue une petite heure par la ministre déléguée à l'Energie, Maud Bregeon, alors que manifestaient plusieurs centaines d'électriciens et gaziers devant Bercy. Les représentants des salariés ont réclamé "la levée" de l'injonction de la Cour des comptes, à l'origine du projet du gouvernement de réformer ce "tarif agent".

La ministre "nous a dit qu'elle n'avait pas de mandat" sur cette injonction, a déclaré sous les huées des manifestants le secrétaire fédéral de la FNME-CGT, Fabrice Coudour, à la sortie du ministère.

"On a décidé que l'on exigeait une rencontre du Premier ministre dans les plus brefs délais, on fixe la deadline (date limite, NDLR) au 2 octobre", a-t-il ajouté, faute de quoi les syndicats menacent de reprendre le mouvement et de "durcir le ton".

"Nous n'arriverons à une victoire et une reconnaissance des revendications des salariés électriciens et gaziers, que lorsque cette fameuse injonction (...) ne sera plus dans le paysage", a déclaré à l'AFP Alexandre Grillat, secrétaire général de la CFE Energies.

"Il n'y aura pas de passage en force", avait assuré mardi matin la ministre, pour qui il n'est "pas question de remettre en cause le tarif agent": "la question c'est le niveau de fiscalisation", a-t-elle expliqué sur France 2, souhaitant "un dialogue" avec les représentants syndicaux pour "régulariser cette situation".

 

Les grévistes se sont mobilisés dès le matin dans plusieurs centrales nucléaires, entraînant de fortes baisses de puissance disponible, comme au Tricastin, à Flamanville, Nogent-sur-Seine, Penly, Cattenom, Paluel et Saint-Alban.

- Un secteur qui a besoin de recruter -

A Gravelines, plus grande centrale nucléaire de France, environ 80% des salariés ont fait grève, selon les syndicats, mais sans impact sur la production.

"Ce qu'on veut, c'est frapper fort, avoir une journée qui marque les esprits, (...) et par la suite, si on n'est pas entendu, on ira plus loin", a déclaré à l'AFP Nicolas Dessertenne de la CGT, évoquant de possibles arrêts de réacteur nucléaire.

La CGT fait valoir que la grille de salaires des industries électriques et gazières démarre "en dessous du Smic" et, comme l'ensemble de l'intersyndicale, que ce "tarif agent" fait partie de la rémunération.

Les recommandations de la Cour des comptes dans un rapport publié en juillet - augmenter la fiscalité et les cotisations sur cet avantage en nature - entraîneraient "une perte de pouvoir d'achat", déplore M. Dessertenne, évaluant cet avantage à 2.000 euros par an pour un foyer de quatre personnes.

Et ce alors que le secteur de l'énergie est engagé dans une grande campagne de recrutement, sur fond d'électrification du pays et de relance du nucléaire.

A Marseille, une manifestation des électriciens et gaziers a rassemblé une centaine de personnes, a constaté un photographe de l'AFP. Elle s'est accompagnée d’une coupure de courant dans le centre-ville, selon les pompiers.

Cette composante historique du statut des électriciens et gaziers concerne quelque 140.000 salariés du secteur, mais aussi les près de 160.000 retraités des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF (dont Engie, Enedis, GRDF, etc.) et d'autres entreprises, dont des distributeurs locaux d'énergie.

La Cour des comptes évalue son coût en moyenne à "381 millions d'euros par an entre 2018 et 2024" pour EDF SA et affirme que ses bénéficiaires "acquittent désormais moins de 2% des tarifs moyens de l'électricité ou du gaz payés par les consommateurs". Un chiffre contesté par certains syndicalistes, qui évoquent un tarif autour de 10% de celui payé en moyenne par les ménages.

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W.Taylor--HHA