BPCE lance le paiement en ligne avec l'opérateur européen Wero, concurrent de Visa et Mastercard
Le lancement du paiement en ligne BPCE en France avec la solution européenne Wero permet à cette dernière de marquer son territoire face aux américaines Visa et Mastercard, mais surtout face à l'euro numérique.
Le groupe bancaire français BPCE a annoncé lundi que 500.000 clients de Banque Populaire et de Caisse d'Epargne pourront payer sur des sites marchands dès mai avec Wero, une première en France.
Le dispositif sera élargi à l'ensemble de ses 13 millions de clients d'ici l'été, a indiqué BPCE dans un communiqué.
Il s'agit d'une nouvelle avancée pour Wero qui permet pour l'heure en France d'envoyer de l'argent à un proche, sans frais, grâce à son numéro de téléphone.
Wero est un service développé par un consortium de banques européennes, EPI, qui compte parmi ses actionnaires les principales banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel et la Banque postale) et plusieurs banques allemandes, belges et néerlandaises.
Pour les paiements, "d'autres banques vont suivre à partir de fin juin, début juillet", selon Ludovic Francesconi, directeur développement et stratégie d'EPI, cité dans Les Echos.
Pour l'instant BPCE indique que son service fonctionne pour le site de vente de séjours de de l'ESF (Ecole du ski français).
"On devrait avoir dans les semaines, voire les mois à venir, d'autres annonces puisque les banques se sont engagées à être prêtes à partir de la seconde partie de 2026. Plusieurs marchands, d'ailleurs, ont déjà annoncé qu'ils allaient, eux aussi, être prêts: la SNCF, Veepee et Orange", a précisé à l'AFP Geoffrey Laloux, spécialiste des paiements chez Square Management.
-Points de vente physiques-
BPCE veut croire que d'autres vendeurs rejoindront rapidement la liste des sites marchands qui acceptent Wero.
"L'enjeu est majeur, au moment où la souveraineté des paiements devient un levier stratégique de l'économie", a estimé Yves Tyrode, directeur général "digital & payments" de BPCE, cité dans un communiqué.
Les dissensions économiques avec les Etats-Unis, mais également le manque à gagner pour les banques européennes les poussent à s'affranchir de solutions américaines comme Visa, Mastercard ou encore Apple Pay.
La solution de paiement des achats sur des sites marchands par l'intermédiaire de Wero a également été lancée en Allemagne depuis fin 2025 et en Belgique depuis mars.
A partir de 2027, l'EPI prévoit une dernière phase, "la plus importante", selon M. Laloux, "le déploiement dans les points de vente physiques", car huit transactions électroniques sur 10 sont réalisée dans un point de vente physique.
"Mais pour ça, il est indispensable qu'ils offrent les mêmes expériences de paiement que, pour ne pas le citer, un Apple Pay, à savoir la possibilité de payer en sans contact", explique M. Laloux. Or "aujourd'hui, les moyens de paiement de Wero, c'est du QR code".
Wero prévoit de passer à la technologie sans contact, assure-t-il cependant.
Mais la concurrence vient aussi de l'intérieur, car un autre moyen de paiement est en cours de création en Europe, l'euro numérique de détail, version dématérialisée des pièces et des billets attendue pour 2029, soutenu par la Banque centrale européenne (BCE).
EPI, comme la Fédération bancaire française, se sont plusieurs fois élevés contre ce projet qui vient concurrencer les efforts de déploiement des banques privées pour Wero.
Pour le spécialiste des paiements Geoffrey Laloux, l'euro numérique est "une réponse purement de politique européenne, mais ça ne parle pas au grand public".
Il sera "très compliqué de faire comprendre quelle est la différence entre les euros que j'ai sur ma carte de banque et les euros numériques", de plus l'euro numérique ne devrait arriver qu'en 2029, "et c'est très loin, 2029".
Dans cinq ans, l'Europe comptera un "patchwork de solutions" de paiement, mais pas "un champion qui écrasera tout le monde", estime M. Laloux.
E.Bekendorp--HHA