Carburants: des pêcheurs mobilisés en Corse et au Havre
Les six principaux ports corses ont été bloqués mardi matin par des pêcheurs qui souhaitent mettre fin à la "spirale mortifère" de l'augmentation du prix des carburants, déjà plus chers sur l'île que sur le continent, en raison du conflit au Moyen-Orient.
A l'appel du jeune syndicat pour la défense des pêcheurs Corse, plusieurs bateaux de pêche se sont positionnés dans les ports d'Ajaccio, Bastia, Propriano, l'Île-Rousse, Bonifacio et Porto-Vecchio, rendant impossible toute navigation d'autres embarcations.
Un bateau de la Corsica Linea transportant passagers et vivres depuis Marseille était à l'arrêt dans le golfe d'Ajaccio tout comme un bateau de croisière qui a fini par être dérouté vers Gênes (Italie).
"Notre but est de mettre fin à cette spirale mortifère de cette augmentation du gasoil", a indiqué à l'AFP, Joseph Sanna, porte-parole du syndicat pour la défense des pêcheurs Corse.
Au cours de la matinée, des bateaux bloqués en mer ont finalement pu accoster dans plusieurs ports de l'île.
Le prix moyen du litre de gazole pêche détaxé s'établissait à 1,09 euro le 2 avril, contre 64 centimes le 2 mars, au début de la crise énergétique générée par la guerre au Moyen-Orient, selon l'observatoire du carburant Amarrée.
La préfecture de Corse a indiqué à l'AFP avoir proposé aux pêcheurs qui bloquent les ports insulaires de participer à une table ronde "demain après-midi", mercredi, pour comprendre le prix du gazole marin et "trouver des solutions".
Le préalable à la participation à cette table ronde est la levée des blocages qui paralysent en mer "entre 2.500 et 3.000 passagers", selon la préfecture sans compter les passagers du bateau de croisière à Ajaccio.
Une mobilisation des pêcheurs méditerranéens avait été envisagée ce mardi par les comités du sud-est de la France (Occitanie, Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Corse).
Finalement, ils avaient décidé "dans l'intérêt général" d'attendre pour "privilégier les négociations avec le gouvernement français", a expliqué à l'AFP Bernard Perez, président du Comité régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins (CRPMEM) Occitanie.
Un mot d'ordre que n'a pas suivi le syndicat pour la défense des pêcheurs corses.
"On va mettre les pieds dans le plat une fois pour toutes: il faut rétablir la situation entre la Corse et le continent avec les pêcheurs continentaux qui eux sont à 45 voire 50 centimes moins chers que nous", a réclamé M. Sanna.
Au Havre, la quinzaine de patrons de pêche se sont entendus pour rester à quai mardi, a indiqué à l'AFP Mathieu Vimard, directeur adjoint de l'Organisation des Pêcheurs Normands. "Aujourd'hui on devrait arriver à 1,30 euro le litre (de gasoil pêche NDLR) contre 65 centimes avant la guerre", a-t-il précisé.
Les matelots, payés en fin de mois après déduction des "frais communs" dont le carburant, pourraient, selon lui, perdre 1.500 euros sur leurs salaires ce mois-ci, soit la moitié de leur rémunération.
H.Beehncken--HHA