Hamburger Anzeiger - Triple narchomicide: face-à-face tendu entre la famille Kessaci et les accusés

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Triple narchomicide: face-à-face tendu entre la famille Kessaci et les accusés
Triple narchomicide: face-à-face tendu entre la famille Kessaci et les accusés / Photo: Thibaud MORITZ - AFP

Triple narchomicide: face-à-face tendu entre la famille Kessaci et les accusés

"Je reconnais rien": au procès d'un triple narchomicide perpétré en 2020, les accusés ont nié toute implication lundi, lors d'un premier face-à-face tendu avec les proches des victimes, notamment Amine Kessaci, figure de la lutte anti-narcotrafic dont le frère Brahim a été tué dans ce crime atroce.

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Devant la cour d'assises à Aix-en-Provence, un échange tendu a opposé le militant de 23 ans et sa mère, tous deux partie civile, à un des accusés, Amine Oualane, un des chefs présumés de la DZ mafia.

"Je ne vous ai pas menti en vous disant que je ne fuirai le regard de personne, pas une seule fois je n'ai cligné des yeux, pas une seule fois je n'ai baissé le regard", a déclaré M. Kessaci, adjoint au maire de Marseille, à la sortie de l'audience.

Le militant, depuis plus d'un an sous protection policière, a réitéré sa "quête de justice", au sortir d'une "journée éprouvante".

Après le meurtre de Brahim, grand frère impliqué dans le trafic, la famille Kessaci a été endeuillée par un deuxième assassinat en novembre 2025, celui du cadet de la fratrie, Mehdi, totalement étranger au trafic de drogue. Sa mort à 20 ans sous les balles d'un commando à moto, en plein jour dans le centre de Marseille, avait provoqué une onde de choc nationale.

À l'audience, l'émotion est palpable. La mère d'une des victimes pleure. Amine Kessaci tient la main de sa mère, Ouassila, qui a les larmes aux yeux.

La cour a refusé une requête des parties civiles réclamant le versement aux débats d'une sonorisation de la cellule d'Amine Oualane, où il reconnaîtrait à son voisin de cellule "le dodo" (meurtre) de "Bleh" - surnom de Brahim.

- "Surenchère de menaces" -

 

La séquence a provoqué un échange tendu avec le clan Kessaci. Le juge a demandé aux "parties de part et d'autre" de "ne pas communiquer par gestes."

"Il y a eu un moment dans la surenchère de la violence, de surenchères de la menace", a estimé M. Kessaci, refusant d'en dire plus.

"Il n'y a eu aucune menace mais en revanche des provocations de la partie civile auxquelles Amine a répondu de la même manière", a réagi le conseil de M. Oualane, Inès Medioune.

Les faits jugés à Aix, dans un tribunal bouclé par un impressionnant dispositif de sécurité, remontent à 2020, en pleine guerre de territoires de la drogue à Marseille. Bien avant l'émergence de la DZ Mafia, qui allait imposer dans le sang son contrôle quasi-hégémonique du trafic.

Le 29 décembre, un véhicule est retrouvé incendié dans un tunnel d'autoroute. Dans le coffre et sur le siège passager, deux corps calcinés, chacun une balle dans la tête : Réda Khaldi et Brahim Chabane, demi-frère d'Amine Kessaci.

Quelques jours plus tard, le 6 janvier, un autre véhicule incendié est retrouvé. Dans le coffre, un troisième corps, calciné et démembré, celui de Nassim Loubani.

- "Condoléances" -

Parmi les cinq accusés, Karim Harrat, surnommé "Rant", diminutif de Rantanplan est accusé d'avoir été, depuis Dubaï, le commanditaire et le financier de l'opération. Sur fond de luttes intestines, il aurait voulu éliminer les trois victimes qui perturbaient ses réseaux.

M. Oualane est soupçonné d'avoir été sur le terrain son relais principal et un des tueurs, alors qu'il était en cavale.

Les deux hommes, figures de la grande criminalité marseillaise, ont nié toute implication.

Extradé du Maroc vers la France en 2023, Karim Harrat a eu "un mot pour les victimes" réclamant "la vraie vérité pour eux et pour moi."

"Je reconnais rien du tout", a lancé Amine Oualane, avant de s'adresser aux parties civiles: "S'ils veulent accepter mes condoléances".

Son enquête de personnalité brosse le parcours d'une délinquance initiée dès l'adolescence. "Le manque d'argent a gâché ma vie", a-t-il confié à l'enquêtrice. Son avocate met en avant qu'il est devenu en prison père de deux jeunes enfants, et ne s'est pas séparé de sa compagne.

Le verdict est attendu le 6 novembre.

En mars, MM. Harrat et Oualane étaient déjà ensemble sur le banc des accusés pour un procès mouvementé à Aix-en-Provence, pour un double assassinat commis en 2019.

Accusé d'en avoir été le commanditaire, M. Harrat avait été condamné à 25 ans de réclusion mais a fait appel. M. Oualane a été acquitté.

X.Nguyen--HHA