Les pompiers bataillent contre les reprises de feu dans le Var et en Gironde, situation stable
Les pompiers continuaient dimanche de batailler pour contenir les reprises de feu dans le Var et en Gironde, une tâche qui s'annonce longue et laborieuse même si les zones touchées par les incendies sont restées stables.
Dans le Var, le sinistre qui s'est déclaré vendredi n'est "pas encore fixé et ce n'est pas à l'ordre du jour, tant qu'on aura des points chauds", a prévenu le patron des pompiers du département, Eric Grohin, dimanche après-midi.
Quant à son extinction, elle constituera "un travail de longue haleine qui va durer plusieurs jours", a-t-il averti.
La vigilance reste de mise pour les soldats du feu: le vent changeant peut atteindre les 35 km/h, les températures dépassent parfois dans le département les 36°C et le taux d'humidité avoisine les 15-25%, a souligné le commandant des opérations de secours, le lieutenant-colonel Christophe Pasquini, lors d'un point presse à la mi-journée.
Ce brasier, qui a parcouru environ 1.800 hectares, s'est déclenché au sud d'un autre important incendie, fixé il y a quatre jours près du massif du Gros Bessillon.
Dans ce département coutumier des feux, environ 6.300 hectares de la "Provence verte", entre mer Méditerranée et gorges du Verdon, ont été parcourus par les flammes en douze jours. Quelque 2.500 personnes ont dû être évacuées.
Contraints de rester à domicile depuis deux jours, les habitants des cœurs de villages de Montfort-sur-Argens et Correns ont été momentanément déconfinés dans la matinée, avant que la route ne soit de nouveau réservée aux secours "pour ne pas gêner les déplacements", a ajouté M. Grohin.
Pour les 1.500 pompiers déployés sur place, l'"objectif" est désormais de "rassurer la population" en faisant en sorte notamment que plus aucune maison "ne soit brûlée", selon le commandant des opérations de secours.
- "Violence extrême" à Correns -
"Le feu s'est déplacé à une rapidité épouvantable. On voyait les flammes à tous les bouts de rue, c'était très anxiogène", a relaté la maire Nicole Rullan.
Voitures calcinées, maisons aux vitres fondues, poteaux électriques aux fils pendus sur la route : le passage des flammes a laissé place à un paysage gris de désolation, a constaté l'AFP.
"C'est d'une violence extrême. Correns, c'est verdoyant, c'est magique... C'était un jardin d'Eden", se lamente un autre habitant, Pascal Martinez, les yeux embués par les larmes, tout en continuant d'éteindre avec des bidons d'eau les fumeroles de son champ d'oliviers réduit en cendres.
C'est le quatrième brasier d'ampleur qu'affrontent les pompiers depuis le 19 juillet dans le centre du Var, territoire de vignes, de champs d'oliviers et de villages de pierre claire typiques.
- Espoir d'un "nouveau départ" à Arcachon -
En Gironde, où le mégafeu a dévoré 42.000 hectares en l'espace de onze jours, la situation était "stable" dimanche matin, selon la préfecture.
Si ce mégafeu, fixé depuis samedi, "n'évolue plus", il n'est toutefois pas "éteint". Et "des reprises de feu à la marge dans les foyers encore actifs" ont eu lieu durant la nuit de samedi à dimanche, selon les pompiers.
Dans ce département très dépendant du tourisme, la plupart des habitants évacués ont pu retrouver leurs domiciles, mais certains commerçants s'inquiètent de l'effet des incendies sur leur activité.
A Arcachon, station balnéaire épargnée par les flammes, quelques vacanciers et riverains ont commencé à revenir sur le front de mer dimanche. Comme Bruno Spinosa, retraité qui a dit espérer un "nouveau départ", en se disant néanmoins "inquiet" face aux "gens qui commencent à faire des pique-niques avec la clope au bec" en pleine période de sécheresse.
Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement lorsque la végétation et les sols sont très secs comme cela est le cas depuis des mois, un phénomène accentué par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.
En Gironde, des sapeurs-pompiers ukrainiens, lituaniens et polynésiens sont attendus.
Leur travail d'extinction pourrait durer "jusqu'aux pluies de l'hiver" et le feu pourrait couver pendant "plusieurs mois" en sous-sol sec et tourbeux, selon les pompiers. Ce fut le cas du feu déclaré en 2022 dans le département, resté chaud pendant deux ans et "encore sous surveillance".
M.Schneider--HHA