Hamburger Anzeiger - "Elle aurait pu tuer, tuer...": Modène meurtrie par une voiture folle

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"Elle aurait pu tuer, tuer...": Modène meurtrie par une voiture folle
"Elle aurait pu tuer, tuer...": Modène meurtrie par une voiture folle / Photo: GIORGIA BASSOLI - AFP

"Elle aurait pu tuer, tuer...": Modène meurtrie par une voiture folle

"Si la voiture avait continué dans le centre, elle aurait pu tuer, tuer": Modène est passée près d’un massacre samedi lorsqu'un conducteur a fauché huit personnes à l’entrée du centre-ville avant de finir sa course dans la vitrine d’une boutique.

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L'après-midi était ensoleillé et les badauds nombreux dans cette rue à deux pas de la cathédrale, quand vers 16H30 une petite Citroën est arrivée à grande vitesse, fauchant des cyclistes et des piétons, selon les images de vidéosurveillance.

Une roue de la voiture s'est bloquée quand elle est montée sur le trottoir, la précipitant vers la vitrine d'un vieux magasin de vêtements, coinçant une passante et la blessant gravement aux jambes.

Si elle avait continué, la voiture se serait enfilée sous les portiques et aurait "tué, tué, ou fait encore plus de blessés graves", témoignait dimanche à l'AFP Walter Botorsi, 76 ans, levant les yeux au ciel.

"Je suis encore sous le choc", a souligné le retraité qui avait vu passer la voiture "à très haute vitesse" samedi après-midi.

Aucune barrière n'empêchait samedi les voitures d'entrer dans cette rue, comme c'est le cas dans de nombreux centres piétonniers en Europe depuis les attentats de Nice et Berlin en 2016, revendiqués par le groupe Etat islamique. L'Italie a jusqu'ici été épargnée par ces attentats.

Le conducteur, un trentenaire italien d'origine marocaine, a ensuite tenté de s'enfuir, coursé et rattrapé par quatre passants face auxquels il a sorti un couteau.

Il a blessé l'un d'eux avant d'être interpellé, a indiqué la préfète de Modène lors d'une conférence de presse samedi soir.

Le conducteur, né en 1995, diplômé en économie, était inconnu des services de police. Mais il avait traversé en 2022 "un état de perturbation psychique", a indiqué la préfète Fabrizia Triolo. "Il avait été pris en charge par le centre de santé mentale pour des troubles schizoïdes", a-t-elle précisé.

Interrogé par la police, le jeune homme est apparu "confus" et n'a pas répondu aux questions, selon les médias italiens. Son domicile près de Modène a été perquisitionné sans qu'on y trouve de signes de radicalisation islamique.

- "L'Italie n'est pas morte" -

Trois blessés étaient encore dans un état grave dimanche matin, dont la passante, qui a eu les jambes amputées. Le président de la République Sergio Mattarella et la présidente du Conseil Giorgia Meloni se sont rendus à leur chevet. Ils ont aussi félicité un des passants qui a désarmé le conducteur.

"J'ai fait voir que l'Italie n'est pas morte, elle est encore là", a dit celui-ci, Luca Signorelli. Samedi, "on aurait dit Beyrouth, Gaza, j'ai vu des gens se retourner parce qu'ils avaient peur. Il faut réagir parfois", a déclaré l'homme aux médias.

"C'est un héros", a commenté le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani (droite). "Même blessé il s'est sacrifié pour sauver la vie de ceux qui étaient là. Je le remercie pour ce valeureux acte d'altruisme, c'est un exemple pour tous".

Modène, ville moyenne de la plaine du Pô, entre Bologne et les usines Ferrari, s'est réveillée dimanche entre "la rage" et "la tristesse", a témoigné Mattia Meschieri, 38 ans. "Nous avons vécu dans une ville que nous aimons (...) et la voir comme ça fait vraiment mal".

Ce jeune cadre dans l'industrie a rassemblé dimanche matin sur les lieux des faits une centaine de Modénais de son comité citoyen "L'Insolent", qu'il a lancé pour demander plus de sécurité à Modène.

Le monde politique a réagi immédiatement, le centre et la gauche soulignant le courage des passants qui sont intervenus pour stopper le conducteur, parmi lesquels deux Egyptiens.

La Ligue, parti d'extrême-droite dans la coalition au pouvoir en Italie, a remis en cause "l'intégration des citoyens de deuxième génération".

Le maire de Modène Massimo Mezzetti (centre-gauche) a proposé aux Modénois de se réunir dimanche soir à 19H00 en solidarité avec les familles touchées, appelant la ville à "s'unir face à ceux qui sèment la haine".

E.Borstelmann--HHA