Corse: transats et corps-morts refusés au luxueux domaine de Murtoli
La préfecture de Corse-du-Sud a refusé les autorisations d’occupation temporaire (AOT) de deux plages naturelles aménagées par le luxueux domaine hôtelier de Murtoli à Sartène (Corse-du-Sud), "un petit miracle", se félicite mercredi l'association de défense de l'environnement U Levante.
Deux arrêtés préfectoraux "portant refus d'occupation du domaine public maritime", proposés par le directeur de la mer et du littoral de Corse Riyad Djaffar, signés par le sous-préfet de Sartène Anthony Barraco et consultés par l'AFP, soulignent que "la plage de Murtoli" et "la plage Erbaju", sur la commune de Sartène, sont identifiées dans le Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (Padduc) comme étant des "plages à vocation naturelle" et que cette identification fait "obstacle à l'implantation de matelas, parasols et de corps-morts".
Les deux arrêtés concluent que "la SAS MURTOLI I, représentée par Madame Canarelli Santa (...) n’est pas autorisée à occuper le domaine public maritime".
Contacté par l'AFP, la préfecture de Corse n'a pas souhaité commenter ces décisions concernant ce complexe hôtelier, fréquenté par des célébrités et des politiques et au coeur d'une enquête judiciaire pour des fraudes à l'urbanisme qui a donné lieu à plusieurs mises en examen en avril 2023 dont celle de Paul Canarelli, le créateur du domaine de Murtoli.
"Depuis de très nombreuses années, l’État accorde deux AOT illégales à Paul Canarelli du domaine de Murtoli pour occuper par nombre de matelas, parasols et corps-morts" la "plage réservée aux locataires des grandes demeures du domaine de Murtoli" et "la plage d’Erbaju face au restaurant +La Table de La Plage+, illégal mais en fonction depuis 2007", écrit U Levante sur son site internet.
Ce restaurant est situé, selon l'association, "au sein d’un espace bénéficiant de plusieurs protections: arrêté de biotope dans lequel toute activité commerciale est interdite, Natura 2000, espace boisé classé, bande des 100 mètres".
"L’illégalité de ces AOT, similaires tous les ans" a été "tous les ans signalée à l’État par U Levante", souligne l'association qui précise avoir "de guerre lasse", "déféré les 2 arrêtés de 2024 au tribunal administratif" et être dans l'attente de ce jugement.
"C’est sans doute cette action en justice qui est à l’origine de la volte-face de l’État", estime U Levante en la qualifiant de "petit miracle".
E.Borstelmann--HHA